Aux Amants de la truie

"La plus lumineuse lumière on ne la voit en cette vie jamais mieux que lorsqu'on s'est rendu dans les ténèbres".

14-09-2009

Toujours en relisant Louis Trente (et en pensant à mon épousée)

Je me réjouis de mes débauches passées. Je m'en remémore longuement de scabreux détails. J'en suis heureux le plus souvent. La saveur d'un cul, d'une bouche, des seins, surtout la sensation de nudité : une fille infiniment plus nue qu'une autre, miraculeusement nue, quelquefois dans ses bas, sa ceinture, un manteau, une autre fois toute nue, les pieds nus. Mais toujours la fente du derrière ouverte à mes yeux, à mes mains... -parfois à d'autres yeux... A quel point la bouche d'une fille est profonde, plus profonde que la nuit, que le ciel, en raison du derrière qu'elle a nu. Une intime caresse dans la fente et la bouche a peur, devient âcre, divine... D'autres filles insipides, avec un ventre, un derrière aussi peu nus qu'une pomme... Mais la vraie nudité, âcre, maternelle, silencieusement blanche et fécale comme l'étable, cette vérité de bacchante, glands dans les jambes et les lèvres, est l'ultime vérité de la terre, à la fois pithiatique et voulant demeurer dans l'ombre, acceptant comme toujours les dieux d'être condamnée, pour n'ouvrir jamais que des yeux mourants.

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Le Mal par Louis Trente

...fête à laquelle je m'invite seul, où je me casse à n'en plus pouvoir le lien qui me lie aux autres. Je ne tolère aucune fidelité à ce lien. Personne n'aime qui ne soit tenu de le rompre. L'acte d'amour entier serait de me mettre nu dans la nuit, dans la rue, non pour une femme attardée mais pour un impossible à vivre moi seul dans un silence sûr. Je ferais là l'inavouable, différent de ce que je puis dire en quelque insignifiance vulgaire à laquelle on ne penserait pas. Je pourrais déféquer, me coucher là et pleurer. Je donnerais de la honte encore à qui se flatte de m'entendre -qui ne m'imagine pas vulgaire. Je ne veux ni jouir ni m'écoeurer mais...

Les yeux large ouverts, regarder le ciel, les étoiles, dans l'état d'innocence.

Etre une femme renversée, dévêtue, les yeux blancs. Rêve d'abscence et non de plaisir. Absente elle est davantage qu'avide de jouir, le mal, le besoin de nier l'ordre sans lequel on ne pourrait vivre.

Les hommes se méconnaissent dans le bien et s'aiment dans le mal. Le bien est l'hypocrisie, le mal est l'amour. L'innocence est l'amour du péché.

Interessé, le mal est un bien pour le malfaiteur. Le mal authentique est désintéressé.

En ce qu'elle a d'intime, de doux, de désintéressé, la société repose sur le mal : elle est comme la nuit, faite d'angoisse.

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Ebauches

Pour le moins, ne tends que vers la dissolution

Haro sur l'origine, en silence -sans hurlements

Prie l'aléatoire, le fragment

L'amertume pour seule balise au milieu du flux et du reflux

Du pathos et du jouir

Bois le calice jusqu'à la lie sur le sol crache-en le jus

La nuit n'accouchant que de la nuit

Le silence du silence...

Il n'y aura pas de soleil couchant -nous ne connaîtrons rien d'autre

Que les coups de crocs -les coups de bites -le viol -la déchirure

Mais encore ? Pourquoi faire ? il n'y a pas le temps

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04-09-2009

Sans titre

Ombres au front baissé, aux regards fixés en terre, sans cesse murmurantes à l'intérieur de la tête vous mâchez un silence fou- Perse

En quelques mots décrire le silence qui m'habite -l'inutilité de s'exprimer auquel je me résous le plus souvent. La peine qu'on mes lèvres à s'agiter lorsqu'il s'agit de prendre parole. Le non-dit étant qui sait ? peut-être radicalement plus beau (je n'ai pas dit vrai) que le bruit.

Lire et relire, la note cousue à même la peau mais pas ici, non pas ici... Seulement dans la nudité de ma chambre, face à ce miroir qui continu de me hanter. Je relève le stylo, j'apprend à écrire. Je me tais comme les anciens aspirant à... (vous le savez). Je relève le stylo, je me tais -En moi, quelque chose est presque entrain de se produire.

Durant ma scolarité j'ai appris à faire de mon nombril le centre du monde. A confrondre mes opinions avec ma pensée la plus profonde, la plus intelligente. Oui j'ai bien appris l'orgueil de me croire intelligent, sans questions, sans points d'interrogations.

Ai-je enfin compris que dire, ne veut rien dire s'il on est pas capable de regarder au loin, d'ouvrir ses petites oreilles et d'écouter l'autre nous penser ?

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