Aux Amants de la truie

"La plus lumineuse lumière on ne la voit en cette vie jamais mieux que lorsqu'on s'est rendu dans les ténèbres".

21-03-2009

Jogging code

Oui, si je devais un jour mettre une note finale à tout ce gaspillage d'encre, à ces tas de feuilles raturées de phrases sans sens, j'écrirai oui j'écrirai -noir sur blanc -que j'ai toujours répugné à écrire. L'écriture m'a toujours plus couté qu'apporté, je l'ai toujours haï, d'une haine presque aussi forte que la haine que j'éprouve pour mon visage, et il y n'a et n'y aura pas à la suite de et pourtant. Pas de joies après la maternité, de rires et d'embrassades avec papa et maman, parce que cette fureur d'écrire n'a pas été pour moi un accouchement -tout au plus est-il une saignée, plus sûrement une dérisoire branlette de mots-poussières et de mots-spermes séchés.

Je n'écris que lorsque j'ai mal à la tête, lorsque déborde la nausée et je me moque bien de me connaître et je me fou de m'explorer, de plonger au fond du labyrinthe pour remonter Fier et musclé, dompteur-ès-sagesse de la Bête. Mais quelle pourrait bien être la fièreté que l'on pourrait retirer de la dégustation de sa propre merde ? Du spetacle vivant de son propre dégoût ? Qu'ils me font rire les revenus de l'enfer, les circonciseurs de démons intérieurs... Qu'ils me font gerber... Moi qui ne connaît que la contemplation à la renverse du pavé, la reniflette de pissotière, les aboiements de chiens éméchés. Le réel bien dur. Il n'y a rien par-delà le bien et le mal, rien à chercher, rien à trouver et que vive le lamentable, le semblable, le frère...

Les mots m'échappent comme tout ce que je crois tenir en laisse. La main faible, le poignet cassé. Il n'est bien que mon obscession du mot juste, ma maladie du verbe pour tenter de faire encore vibrer mon stylet. Et repartir à l'aventure et remonter sur l'estratade dans l'urgence de me croire enfin quelqu'un ou quelque chose, aveugle ou borgne, à défaut d'être réellement fou.

Il y a Urgence, il y a Urgence ! Il n'y a plus rien ! la flèche n'étant même pas partie loin de la cible, se ficher.

Il y a tout ce en quoi j'ai voulu croire et puis le reste.

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20-03-2009

Ostara

le_chariot

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12-03-2009

Cartes postales magiques 2008-2009 (1)

Aime et fais ce que tu voudras

Je cherche un stylo. Il faudrait n'avoir jamais écrit autrement que pour affaires, urgences dérisoires, pour ne pas comprendre l'enfantillage qui consiste à se mettre en quête d'une plume, d'un papier etc... susceptibles d'aider au travail de l'écriture désintéressée -O combien ! Ainsi, pour ce qui est de la lecture, couper les pages d'un livre était un plaisir. On nous l'a enlevé aussi, celui-là. Ecrire, lire c'est se mettre en prison pour crime à commettre. Le crime étant peut-être, justement, de lire, d'écrire, hors d'un temps qui exige une autre présence humaine. C'est de toute manière, quoi qu'on lise ou écrive, se retirer. Afin de mieux pénétrer, s'enfoncer, dans un espace qui rend compte, paradoxalement, de cette présence. Mais sans cesse remise en question. Bref, fourbir ses armes d'existence. A qui bien faire comprendre cette veille ?

Le Dieu, c'est d'abord Dionysos. Or, Dionysos n'a pas de monde. C'est un dieu qui est celui du Désir ou de la vie écrasée contre elle-même, dans sa joie et dans sa souffrance. Et c'est un dieu qui est chargé de soi dans un pathos si lourd qu'en effet il veut se déchager de soi. Au fond Dionysos est celui qui génère Apollon pour se mettre à l'écart de soi.

Il peut pleuvoir et tempêter. Ce n'est pas cela qui importe, souvent une petite joie peut s'emparer de vous un jour de pluie et vous inciter à vous retirer à l'écart avec votre bonheur.

Seigneur, prend pitié du pécheur que je suis !

C'est ce corps invisible qui est d'ailleurs la source du Désir : en présence du corps de l'autre, je perçois un corps visible, mais je pressens une subjectivité et c'est elle que je veux atteindre. Dans une théorie de l'érotisme on pourrrait montrer que le Désir -et c'est pour cela qu'il recommence infiniment -vise à atteindre quelque chose que je ne peux toucher dans le monde, mais qui se touche lui-même hors du monde et qui justement est la vie, la vie invisible de celui ou de celle que je désire.

Et il parlait de nos jours d'ombre et de nos jours de lumière comme si c'étaient les mêmes, comme si il y avait de notre nuit dans sa lumière et de sa lumière dans notre nuit.

*St-Augustin, Georges Perros, Michel Henry, Knut Hamsun, Luc, Michel Henry, Jean Grosjean.

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