Aux Amants de la truie

"La plus lumineuse lumière on ne la voit en cette vie jamais mieux que lorsqu'on s'est rendu dans les ténèbres".

23-01-2009

Un an et un jour

J'appelle le pas de Celui qui chemine

La folle chasse à cour

J'appelle le Pâtre des étoiles

Le Maître qui lie et délie

J'appelle le Vieux Kornu

Son masque de fou

Lacérant mon coeur brûlant

Mon torse de boue

Je me piétine de poussière

Et t'implore de tenir fermement

La laisse que tu as passé autour

De mon cou

A la lisière de ton savoir

Je fais le serment de m'éreinter

Partout où me mènera ta course

Toi la promesse qui enflamme mes oraisons

Toi la main tendue sur le sentier

De la Foi libre et sauvage

Destinée implacable

Où hostie et vanneur

Célèbrent la fraternité

Du miroir et du buisson

Du Silence et de l'intimité

Où sans visage nous circambulons

Le calice et la lance

En leurs Noces d'Amour mortellement entrelacés

Janvier 2008

Posté par Elcmar à 15:48 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


Petit questionnaire (merci pour le tag)

Plutôt corne ou marque page?

J'adore écorner mes annabacs préférés, déchirer les pages que j'aime pour en faire des polycopiés, après avoir préalablement surligné au fluo rose et vert les passages-clés indiqués par mon professeur.

As tu déjà reçu un livre en cadeau ?

J'en reçois régulièrement même s'il est très difficile de connaître mes goûts littéraires.

Lis tu dans ton bain?

Pas facile sous la douche. Quand j'aurais enfin appris par coeur les illuminations peut-être pourrais-je me les réciter

As tu déjà pensé à écrire un livre?

Il y a très longtemps à vrai dire -à moins que ce ne soit hier soir avant de me coucher... Je n'ai sérieusement pas le niveau nécessaire, ni des idées suffisament intéressantes pour écrire un livre. Ecrire dans un français correct serait déjà une excellente chose. Je ne considère de toute façon plus l'écriture comme  une finalité, juste comme moyen de ne pas perdre mémoire, lorsque mes visions s'embrouillent et que je perd pied. L'essence de la poésie n'est pas dans le papier mais dans le regard ému de celui qui essaie tant que mal d'y prêter attention... Aucun poème d'amour ne saurait dire le baiser brûlant de la Bien-aimée.

Que penses tu des séries de plusieurs tomes?

Je dévore depuis un mois, un à deux Balzac par semaine et jamais au grand jamais je ne pensais un jour éprouver un tels plaisir à lire La Comédie Humaine. A un tels point que mes goûts littéraires que j'avais eu l'audace de croire figés en sont chamboulés.

As tu un livre culte?

Le Colosse de Maroussi d'Henry Miller, un livre que j'ai lu très vite au cours d'un voyage en train et que je n'ai jamais relu depuis. En l'achevant j'ai eu la sensation rare que quelque chose (étais-ce en moi ?) avait changé.

Aimes tu relire?

Pour faire dans le paradoxe par rapport à la réponse précédente, je pense que c'est le principal intérêt de la littérature.

Rencontrer ou ne pas rencontrer les auteurs de livres qu'on a aimé?

Ne pas rencontrer... On peut être un salaud, être une personne fade et écrire de très grand livre. Je n'ai jamais cru aux liens entre oeuvre et vie de l'auteur. Seul le dialogue avec le texte dans le secret de ma chambre m'importe.

Aimes tu parler de tes lectures?

Si je ne pouvais faire que cela...

Comment choisis tu tes livres?

Comme la Renarde, ils me choisissent, m'interpellent, me tentent, me séduisent, je succombe toujours trop facilement, parce que je suis une personne facile.

Une lecture inavouable?

J'avais une bien étrange manie autrefois, celle de lire au moins un livre de merde par an, le plus souvent une production manufacturée d'un de nos célèbres plumitif contemporain : J'ai ainsi lu du Bernard Weber, du Dan Brown (le type qui fait surfer ces personnages sur la côte d'azur ^^), du Fréderic Beigbedder et même du Maxime Chattam. Mais j'ai fait bien pire et plus inavouable encore, j'ai lu l'Assomoir d'Emile Zola, le plus dégoutant de tous les écri-vains français.

Des endroits préférés pour lire?

Mon fauteil devant ma cheminée, pendant le roupillon de mes puces.

Un livre idéal pour toi serait

Un livre sortit tout droit d'une nouvelle de Borges, que je trouverai par hasard en recopiant un article improbable de l'encyclopédie Britannica.

Lire et manger?

Lire et boire du thé.

Lecture en musique, en silence, peu importe?

En silence, le plus souvent.

Lire un livre électronique ?

Pourquoi faire ? On invente généralement que pour remplacer un vieux support par un nouveau plus neuf et plus adapté. Jusqu'à preuve du contraire il n'existe rien de plus beau, de plus neuf et de plus pratique qu'un livre du XVIe siècle ou XVIIIe siècle. Peut-être serait-il de bon ton d'y revenir ?

Le livre vous tombe des mains : aller jusqu'au bout ou pas?

Non. Mais rien ne dis que je ne me sois pas juste trompé dans l'heure du rendez-vous.

Posté par Elcmar à 14:36 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

13-01-2009

Innocence Brute

Je suis la Déesse et le Dieu, unis dans leur Ombre. A. Chumbley

Depuis tout gosse (je le répète souvent je crois), j'aime à me mettre en boule sous la couette pour écouter les battements de mon coeur -c'est à leur écoute que j'ai découvert les prémisses de l'ivresse, et ai pris goût à l'obscurité. Une autre des méthodes que j'utilise pour transformer légèrement mon état de conscience est elle aussi toute bête. Il s'agit juste lorsque je fais mes rondes de nuit de fixer mon attention sur le bruit de mes pas, jusqu'à ce que ce modifie ma qualité d'écoute (bien que je débute un peu plus dans cette technique j'ai la conviction qu'il y a là quelque chose à en retirer).

Mais pourquoi me direz-vous ces quelques faits rédigés à la va-vite en guise d'introduction ? Parce justement depuis que je suis tout gosse, depuis que je m'essaie aux modestes pouvoirs que la Vie m'a confiée, toutes mes transes semble tourner autour d'une seule idée fixe. Que je ferme les yeux pris d'angoisse, prie avec ferveur, jouiss en solitaire, médite ou vibre dans le rond, j'en reviens toujours à la même à la même certitude, à la même constation : j'ai un trou noir au niveau du coeur et c'est de ce trou noir, de ce vide, cette nuit qui est ma seule réalité.

Longtemps je n'ai pas réussi à mettre des mots, des noms sur cet étrange sentiment, sur cette ouverture vers l'intérieur, la profondeur. En fait jusqu'à mes dix-septs ans et la lecture de l'expérience intérieure de Bataille. Un livre dont j'ai bien été incapable d'en retirer grand chose, sauf cela... Lui aussi évoquait cet abysse, cette nuit que nous abritons. Sans mots dire, il m'ouvrait des portes, me donnait des noms (Sainte-Thérèse, Saint -Jean), des pistes qui me seraient plus tard (et me seront) profitable.

Oui, toutes mes errances tendent au final à me ramener vers ce trou noir béant, ce manque qui est moi, vers ce que mon langage ne nomme pas, vers ce que ma raison n'explore pas. ce trou qui me procède "moi"

Un, Dryghten, coeur noir de l'innocence (là où il manque) -ni ceci-ni cela ?

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03-01-2009

Main courante datée du 03/01/09 03h10 du matin.

Son baiser froid au milieu du rond
Le bruissement des feuilles sabots aux vent
Son baiser froid sur mes lèvres gercées
Dans le rougeoiement de la nuit

Elle-même

Ralentir le pas caresser l'ombre
Il ne faudrait pas que je tremble
Je ne suis plus las
Je ne suis plus pressé

Son baiser froid au milieu du rond
Le doigts sur la bouche Taire
La Magnificence de sa nudité

Posté par Elcmar à 04:12 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

02-01-2009

Monsieur Cinéma

Cette nuit comme j'aimerais écraser à grand coup de tête contre le mur, toute certitude qui chercherai à poindre à l'horizon. Que mon téléphone sonne et que dans l'espace entre moi et mon interlocuteur ne soit plus suspendu que des interrogations... Fin alors du dialogue de sourds, de l'échange futile de certitudes opiniâtres, de citations tirées de livres -et cela très intérieurement nous le savons- que nous n'avons pas fait l'effort de lire: Ces quelques morceaux de cailloux posés sur la table, n'indicant en rien l'immensité de la Montagne.

Nous observant bien en face, n'est-il tout de même fou de voir qu'à peine entré dans le grand jeu, notre première idée fixe est de vouloir conclure la partie au plus vite, en trouvant tout de suite le plus confortable des sens à notre vie. Mortier et briques en main combien de fois me suis-je surpris à construire la Maison-diev de mes nouvelles lubies, à me tailler le costume nécessaire au port de telle ou telle étiquette ? Jusqu'à l'écroulement final où la nausée montant je me rendais compte, que je n'étais pas encore là où je croyais être. Toutes ces illusions n'étaient qu'un vernis perlin pin-pin de mots vides mais pas la vérité. Je prenais alors pour la source de toute la Lumière ce qui n'étais en fait d'un banal projecteur (pour ne pas dire une vessie). J'avais volontairement ou involontairement choisit d'ignorer tout autour de moi le va et vient des techniciens, sur le plateau de cinéma.

Un récit de vie n'est qu'un récit. Un instant de vie pris sur le vif, qu'un instant pris sur le vif . L'image d'une tour qui s'écroule, que l'image d'une tour qui s'écroule. Je ne suis pas tels que je me le raconte en murmurant avant de m'endormir...

...Selon leur vouloir me lapident ou m'embrassent ceux qui en sincérité ont apprit à ne passer à coté d'eux mêmes.

Bonne journée,

Posté par Elcmar à 00:52 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

01-01-2009

En guise de premier

Dans un léger souffle de bise
Je voudrais cueillir
quelque bouquet de poussière
y verser mes larmes les plus amères
Pour que telles deux brebis galeuses

Nous puissions Toi et Moi
Nous lover dans la boue
Et hanche contre hanche

Joue contre joue
Faire le souhait de la Lumière

Posté par Elcmar à 04:51 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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