Aux Amants de la truie

"La plus lumineuse lumière on ne la voit en cette vie jamais mieux que lorsqu'on s'est rendu dans les ténèbres".

31-10-2008

Samhain

Du bout des doigts
Un peu de cendre sur mon visage
Entre tes seins le regard blottis
Me fredonner de l'intérieur
Et te donner ces murmures

Comme une offrande à la Prière
A la mesure de la Nuit

IIII-XX-VIIII-XVIII

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19-10-2008

Crooked Path

La truie à peine lavée se roule dans le bourbier. 2 Pierre 2:22

On peut pas dire que le voyage a été très long. Il m'a juste suffit de fermer les yeux et me mettre à l'écoute de la voix pour enfin effleurer ce je ne-sais-quoi toujours fuyant qui pourtant est mon seul point d'ancrage, mon origine. Je ne dis pas que cela a été une chose facile, ni que j'ai la certitude d'y être enfin arrivé. Voilà des mois que je rêve d'écrire un texte de peu de mots répondant enfin à deux des questions que je me pose -pourquoi ce sentier et comment ?*, et que chaque tentative d'écriture m'éloigne un peu plus de la concision et de la précision tant espérée : Je suis rentré en religion l'esprit débordant de vérités irréfutables, croyant encore qu'en cette matière j'avais mon mot à dire, qu'il méritait d'être entendu, peut-être ai-je bien même rêvé de révolution. Par Chance ne me reste plus désormais dans la bouche que le goût de l'ignorance, et au milieu du cœur un trou béant.

*

Je dessine à main levée une prairie, en permanence à moitié inondée, infestée par mes rats, avec en son centre une rivière froide que remonte une couleuvre à colliers et plus en amonts ,le moulin à l'abandon de la Vielle avec son sol en terre battue, ses courants d'air méphitiques, son foyer encore fumant. Près de la porte d'entrée, un banc en granit, au dessus du massif d'hortensia qui longe le mur, une lucarne- un miroir. Là où âgée de cinq ans j'ai aperçus pour la première fois le visage hideux et ridée de l'amour, visage qui m'accompagnera jusqu'à mon dernier souffle. Ceci pour tenter d'offrir un sens à ma nature fiévreuse de rejeton des marécages, et revenir sur le fait que j'ai toujours vu comme une évidence les rapports entre la mort et la vie, l'horreur et l'extase, l'amour et ma propre folie. Peut-être aussi dressant encore un nouvel inventaire de mes étranges manies remettre au clair mon attirance pour la fraternité étrange des crapauds, l'affût au bord des ruisseaux, les flaques d'eau croupie, les automnes boueux et venteux. Le murmure, la douleur de la nature en décomposition.

Mon royaume est un royaume de boue et de sang, de tribulations et d'intrications, un royaume de chair et de glaise. Si parfois il m'arrive comme un jeune papillon de nuit de me mettre à tournoyer autour de la Lumière et d'implorer tout les or de Byzance, je sais qu'au final c'est vers ma bauge qu'ivre de ma fureur je m'en retournerais, car c'est là que mes croyances s'enracinent. Inutile pour moi de jouer les biens lavés, de singer l'immaculé.

Une fois ébauche le premier coup de crayon, je sens encore que je n'ai  encore battis que  sur de l'à peine concluant,  sur quelque chose de très instable que pourrait déstabiliser le moindre événement (...)

* merci d'ailleurs au féru de sémantique générale qui m'a aidé à formuler cette démarche.

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18-10-2008

Kérygme de saison

Si l'on veut que j'aie un mysticisme, c'est bien, je l'ai.
Je suis mystique mais seulement avec le corps.
Mon âme est simple et ne pense pas.
Mon mysticisme est dans le refus de savoir.
Il consiste à vivre et à ne pas y penser.
J'ignore ce qu'est la nature : je la chante.
Je vis à la crête d'une colline,
dans une maison blanchi à la chaux et solitaire
et voilà ma définition.

Alberto Caiero

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04-10-2008

Sans Titre

Notre silence est si fécond qu'ils nous faut beaucoup de subterfuges pour réussir à l'ensevelir sous le bruit. Pourtant nous géniale humanité du XXIème siècle y avons enfin réussi -il était grand temps ! Irrémédiables sont les ravages de la pensée qui erre. De l'angoisse qui nous étreint lorsque par maladresse ou par fatalité nous retrouvons obligé de nous penser. Hommes des cavernes transit d'effroi, saisit d'émerveillement.

Aussi afin de nous préserver :

Mieux vaut privilégier un regard neuf sous blister déjà soigneusement près à être remplacé par son successeur, qu'un regard singulier -originaire. Mieux vaut refuser l'amour : le Feu pourrait nous brûler, la Mer nous noyer, la Terre éveiller en nous le désir du rut -vertige du ciel, traces d'orgasme qui scintillent aux contours de la Voie lactée (les étoiles sont infectes, les étoiles ne sont que de sales traînées).

Mieux vaut ne plus écouter les battements de son cœur -danger du rythme. Ne plus frotter nos mains sur nos paupières -risque d'harmonie ... Ne plus chuter, de peur de de relever. Refuser la saison de la souffrance, pour ne pas sombrer dans l'ivrognerie du plaisir. Ne plus manger, ne plus hurler et s'abstenir de fumer dans les lieux publics.

Ne plus lire, qui a été assez fou pour m'apprendre à lire ?

Etre fière d'avoir vaincu la mort, ne nous étant pas risqué à Vivre.

Et surtout ne pas oublier de leurs dire Merci.

Merci.

Posté par Elcmar à 03:16 - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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