07-11-2009
Parcours
Je marche et derrière moi marchent les étoiles
Vers des lendemains d'étoiles,
Le secret de la mort tout ce qui naît et la fatigue
Font mourir mes pas font vivre mon sang
Mon chemin n'a pas commencé
Aucun gisement n'est en vue -
Je marche vers moi
Et tout ce qui vient
Je marche et derrière moi marchent les étoiles.
Adonis
Amor
Ma désuète, est une pauvresse lascive et impudique.
Je suis l'obligé d'échos qui ne cessent d'hanter mes rêves en scandant Son nom.
Lorsqu'il fait si froid -dans le noir. J'implore une bougie.
Ah ! si j'étais le vent, et toi marchant le long des grèves, les seins nus, pour que mon souffle te prennes.
Moi je suis un simple, veillé par ceux qui me croisent et celle qui me traverse...
01-11-2009
Samhain

Interior intimo meo
14-09-2009
Toujours en relisant Louis Trente (et en pensant à mon épousée)
Je me réjouis de mes débauches passées. Je m'en remémore longuement de scabreux détails. J'en suis heureux le plus souvent. La saveur d'un cul, d'une bouche, des seins, surtout la sensation de nudité : une fille infiniment plus nue qu'une autre, miraculeusement nue, quelquefois dans ses bas, sa ceinture, un manteau, une autre fois toute nue, les pieds nus. Mais toujours la fente du derrière ouverte à mes yeux, à mes mains... -parfois à d'autres yeux... A quel point la bouche d'une fille est profonde, plus profonde que la nuit, que le ciel, en raison du derrière qu'elle a nu. Une intime caresse dans la fente et la bouche a peur, devient âcre, divine... D'autres filles insipides, avec un ventre, un derrière aussi peu nus qu'une pomme... Mais la vraie nudité, âcre, maternelle, silencieusement blanche et fécale comme l'étable, cette vérité de bacchante, glands dans les jambes et les lèvres, est l'ultime vérité de la terre, à la fois pithiatique et voulant demeurer dans l'ombre, acceptant comme toujours les dieux d'être condamnée, pour n'ouvrir jamais que des yeux mourants.
Le Mal par Louis Trente
...fête à laquelle je m'invite seul, où je me casse à n'en plus pouvoir le lien qui me lie aux autres. Je ne tolère aucune fidelité à ce lien. Personne n'aime qui ne soit tenu de le rompre. L'acte d'amour entier serait de me mettre nu dans la nuit, dans la rue, non pour une femme attardée mais pour un impossible à vivre moi seul dans un silence sûr. Je ferais là l'inavouable, différent de ce que je puis dire en quelque insignifiance vulgaire à laquelle on ne penserait pas. Je pourrais déféquer, me coucher là et pleurer. Je donnerais de la honte encore à qui se flatte de m'entendre -qui ne m'imagine pas vulgaire. Je ne veux ni jouir ni m'écoeurer mais...
Les yeux large ouverts, regarder le ciel, les étoiles, dans l'état d'innocence.
Etre une femme renversée, dévêtue, les yeux blancs. Rêve d'abscence et non de plaisir. Absente elle est davantage qu'avide de jouir, le mal, le besoin de nier l'ordre sans lequel on ne pourrait vivre.
Les hommes se méconnaissent dans le bien et s'aiment dans le mal. Le bien est l'hypocrisie, le mal est l'amour. L'innocence est l'amour du péché.
Interessé, le mal est un bien pour le malfaiteur. Le mal authentique est désintéressé.
En ce qu'elle a d'intime, de doux, de désintéressé, la société repose sur le mal : elle est comme la nuit, faite d'angoisse.
Ebauches
Pour le moins, ne tends que vers la dissolution
Haro sur l'origine, en silence -sans hurlements
Prie l'aléatoire, le fragment
L'amertume pour seule balise au milieu du flux et du reflux
Du pathos et du jouir
Bois le calice jusqu'à la lie sur le sol crache-en le jus
La nuit n'accouchant que de la nuit
Le silence du silence...
Il n'y aura pas de soleil couchant -nous ne connaîtrons rien d'autre
Que les coups de crocs -les coups de bites -le viol -la déchirure
Mais encore ? Pourquoi faire ? il n'y a pas le temps
04-09-2009
Sans titre
Ombres au front baissé, aux regards fixés en terre, sans cesse murmurantes à l'intérieur de la tête vous mâchez un silence fou- Perse
En quelques mots décrire le silence qui m'habite -l'inutilité de s'exprimer auquel je me résous le plus souvent. La peine qu'on mes lèvres à s'agiter lorsqu'il s'agit de prendre parole. Le non-dit étant qui sait ? peut-être radicalement plus beau (je n'ai pas dit vrai) que le bruit.
Lire et relire, la note cousue à même la peau mais pas ici, non pas ici... Seulement dans la nudité de ma chambre, face à ce miroir qui continu de me hanter. Je relève le stylo, j'apprend à écrire. Je me tais comme les anciens aspirant à... (vous le savez). Je relève le stylo, je me tais -En moi, quelque chose est presque entrain de se produire.
Durant ma scolarité j'ai appris à faire de mon nombril le centre du monde. A confrondre mes opinions avec ma pensée la plus profonde, la plus intelligente. Oui j'ai bien appris l'orgueil de me croire intelligent, sans questions, sans points d'interrogations.
Ai-je enfin compris que dire, ne veut rien dire s'il on est pas capable de regarder au loin, d'ouvrir ses petites oreilles et d'écouter l'autre nous penser ?
16-05-2009
Echelle Sorcière
Et l'oiseau de Nuit qui murmure avec moi
Et dévide l'échelle Sorcière
Et l'insoutenable odeur d'excréments
La cuvette Le Fleuve où je ne prie pas
Un chat mort des mouches une chienne écrasée
Des mouches sur le bord de la route
Ne me donne pas la main je suis seul je n'ai pas froid
Je t'aime je suis un petit enfant je t'aime lorsque je suis seul
Je sais qui me regarde je sais que tu es là
Le cri du coq etc...
***
Comme Paon nous paradons au milieu du cercle
Pour une étoile -un spectacle -Une carresse de rosée et de pierre
Quelle est belle la Mort vives les couleurs douce la Joie
13-05-2009
Rencontre avec Léon Chestov
Les philosophes aspirent à "expliquer" le monde, de façon à ce que tout devienne clair et transparent et que la vie ne recèle plus rien (ou le moins possible) de problématique, de mystérieux. Ne faudrait-il pas, au contraire, s'attacher à montrer que cela même qui paraît clair et compréhensible est étrangement énigmatique et mystérieux ? Ne faudrait-il pas s'efforcer de se délivrer et de délivrer les autres du pouvoir des concepts dont la netteté tue le mystère ? Les sources de l'être sont en effet dans ce qui est caché et non dans ce qui est à découvert.
Il me paraît qu'il suffit de demander à un homme : Dieu existe t-il ? pour le mettre aussitôt dans l'impossibilité de donner une réponse quelconque à cette question ; et je crois que tous ceux qui y ont une réponse affirmativement ou négativement, parlaient de tout autre chose que de ce qu'on leur demandait. Il y a des vérités que l'on peut voir mais qu'on ne peut montrer.
Parmi les innombrables vérités à priori ou évidentes sur lesquelles, comme tout le monde le croit, se fonde la pensée humaine mais qui en réalité ont embrouillé la pensée humaine, une des mieux établies est qu'on ne pose des questions que pour obtenir des réponses. Quand je demande quelle heure il est, quelle est la somme des angles d'un triangle, ou bien quelle est la densité du mercure, si Dieu est juste, si l'âme est imortelle et la volonté libre, il est clair pour tout le monde que je veux obtenir des réponses précises à ces questions. Mais il y a question et question. Celui qui demande l'heure qu'il est ou quelle est la densité du mercure, a besoin en effet qu'on lui donne une réponse déterminée, et cela lui suffit. Mais celui qui demande si Dieu est juste ou bien l'âme, imortelle, celui-là veut tout autre chose et les réponses nettes et claires le rendent furieux ou le plongent dans le désespoir. Comment faire comprendre cela aux gens ? Comment leur expliquer que quelque part au-delà d'une certaine limite, l'âme humaine se trouve si complètement transformée que le "mécanisme" même de la pensée devient tout autre ? ou pour mieux dire, qu'il n'y a plus de place pour le mécanisme de cette pensée ?
Ce n'est pas la foi, c'est la philosophie qui exige qu'on se soumette. Dans le cadre de la raison pure, l'on peut construire une science, une haute morale, voir une religion ; l'on ne peut pas y trouver Dieu.
Sources : Athènes et Jerusalem pour les trois premières citations, la Kabbale du Aleph d'Emmanuel Lévyne pour la dernière.

